May 17, 2009

FERDINAND FERBER I




Ferdinand Ferber / 1


Ferdinand Ferber, 1862 - 1909, l’un des premiers créateurs de planneurs en Suisse

Jean-Claude Cailliet, 02/12/2003

Le Français Ferdinand Ferber est incontestablement un pionnier de l’aviation mondiale dont le nom est devenu immortel. Son oeuvre se situe juste après celles d’Otto Lilienthal (D) et de Clément Ader (F) en même temps que les travaux des frères Wright (USA) et précède les réussites des Santos Dumont (Brésil), Farman (F) et Blériot (F), pour ne citer que les pionniers les plus connus. Ferber crée et innove pendant cette transitions qui se place entre les premiers vols planés sans moteurs et ceux motorisés à essence, c’est à dire au long des années 1900 à 1908. Très connu en France et aux USA, il l’est beaucoup moins ailleurs, dont en Suisse où il pratique curieusement ses premiers essais, laissant ainsi l’une des plus anciennes traces du véritable vol humain dans la Confédération.

L’initiation au vol

Issu d’une famille bourgeoise, Ferdinand Ferber naît à Lyon le 8 février 1862. Au termes d’études très brillantes, ayant préparé avec succès le concours d’entrée à plusieurs grandes écoles, il entre à Polytechnique. Il choisit de suivre les cours de l’Ecole d’artillerie de Fontainebleau où il sera plus tard professeur. Il rejoint ensuite Clermont-Ferrand, sa première garnison, avant d’être affecté à Belfort (1893), où il accède au garde de capitaine qu’il gardera toute sa vie. En 1896, ayant obtenu une licence ès sciences, il est nommé professeur de balistique à l’Ecole d’application du génie et de l’artillerie. Toutefois, il semble que la vocation militaire de Ferber soit surtout liée au temps libre, laissé par la vie de garnison, qui devrait lui permettre de se consacrer à ses recherches scientifiques.

C’est dans la bibliothèque de cette dernière Ecole, par l’intermédiaire d’un ancien numéro de l’Illustrierte Zeitung, qu’il découvre les travaux des vols planés effectués par l’Allemand Otto Lilienthal (1848-1896). A une époque où les expériences des hommes volants provoquent la risée générale. Il n’a plus qu’une passion en tête, l’aviation, et, sa vie durant, il se présentera comme l’élève et le continuateur du grand pionnier de l’aile planante, dont il veut connaître toute l’œuvre. Outre ses vols, Lilienthal avait ébauché des théories que Ferber voulait essayer. Ferber s’est alors intéressé aux vols du général d’Empire Resnier de Goue (1801) ainsi qu’à l’oiseau de plume baptisé «La Roussette», qu’Ader avait proposé à l’Armée française, soit un cerf-volant emmenant un observateur (1871). En 1898, fasciné par ses maîtres et par le vol des oiseaux, Ferber cherche à en décomposer le phénomène. Polytechnicien méthodique, séparant les problèmes de motorisation de celui du vol, il résolut dans un premier temps de s’attaquer uniquement au vol.

Ainsi, au début du 20e siècle, Ferber fait partie de ces rares hommes au monde (USA, Europe), qui s’efforcent de mettre au point des planeurs et des machines volantes propulsées. En Europe, il est le seul qui mène des expériences de quelque intérêt, selon les propres termes de la revue d’aviation d’alors, l’ Aérophile. Ferber écrit des articles élogieux sur le savant allemand et va se lancer tout d’abord dans l’expérimentation de planeurs.