Jun 24, 2009

FERDINAND FERBER / 3








Ferdinand Ferber, 1862 - 1909, l’un des premiers créateurs de planneurs en Suisse Jean-Claude Cailliet, 02/12/2003



Le pionnier français du vol à voile

La réussite de Ferber finit par arriver. Deux ans seulement après les essais de Rue, son planeur No 4, lancé d’un échafaudage, maîtrise les airs et franchit 15, 25, 50 mètres en vol plané aux environs de Nice. Ceci débute dès le 7 décembre 1901 et, pendant 24 secondes, marque le premier vol du planeur Le Ratapignata, comme l’a baptisé la population locale intéressée ; ce qui ne valait guère mieux que l’autre sobriquet commun de «cages à poules». Il s’agit toujours ici d’un planeur monoplan, à profil creux, identique aux modèles de Lilienthal et d’Ader, d’un poids de 30 kg pour 14,9m2 de surface. Ce planeur est l’ancêtre de l’actuel parapente, dont il faudra attendre quelques décennies pour voir apparaître cette technique de vol bon marché.

A partir de cette réalisation, la courte carrière française (10 ans) de Ferber laisse de nombreuses traces dans la littérature, dans l’histoire aéronautique et dans les musées parisiens, mais surtout en France, évidemment. Il est d’ailleurs possible de retrouver l’ensemble de son important travail d’avant-garde, entre autres dans la revue populaire L’Illustration, mais également dans tout bon livre d’histoire traitant des débuts de l’aéronautique. Ferber fera notamment des conférences dans plusieurs villes de France et publiera trois ouvrages aéronautiques.

Depuis le vol de planeur jusqu’au vol d’un avion finalement motorisé, au travers des différentes étapes intermédiaires, Ferber œuvre en permanence, au hasard de ses affectations, souvent au profit de tiers, tout en y laissant sa fortune et testant une douzaine d’appareils de sa conception. C’est le cas notamment de son planeur biplan No 5, au Conquet, puis à Beuil et de nouveau à La Californie (Nice) en 1902, à Brest en 1903 ; puis sous la houlette du génial Colonel Renard, de 1904 à 1905, à Chalais-Meudon, où son avion No6 vole, guidé le long d’un câble. C’est encore son avion No6 bis qui effectue «le premier vol glissé motorisé, stable et contrôlé en Europe», le 25 mai 1905. Certes, il n’y a pas de décollage, ni de vol en palier, mais cette performance peu médiatisée peut se comparer aux tous premiers vols des frères Wright (appareil conservé au Musée de l’Air et de l’Espace de Paris). Puis vient l’appareil No 8, détruit par une tempête le 19 novembre 1906, qui aurait pu devancer tout le monde… En 1903, Ferber s’était d’ailleurs associé moralement avec Ernest Archdeacon, ce mécène, avocat, autre précurseur et fondateur de l’Aéro-Club de France.

Mais en ces temps là, le ministère de la guerre français croit encore aux ballons dirigeables et reste donc sceptique face notamment aux travaux du capitaine Ferber et à ses demandes de budget justifiées.